DNA : Un peu de Lux

September 17th, 2009

Dernières Nouvelles D’Alsace, jeudi 17 septembre 2009

par Julie Carpentier

DNA 17.9.2009

DNA 17.9.2009

Un peu de Lux ! Avec ce titre énigmatique, l’Espace G veut éclairer notre lanterne, en exposant de jeunes artistes internationaux envoyés par la galerie Leslie Barnig de Luxembourg. En échange, des artistes locaux iront y exposer leurs oeuvres.

Canadien, Brian Donnelly peint des hybrides, chimères au corps d’humain, à tête de chien, de coyote, au bras en pince de crabe. Avec un réalisme fantastique, il montre un bon métier.

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voir l’article complet dans les archives du DNA

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Ces oeuvres d’un bon niveau, sélectionnées par la galeriste luxembourgeoise Leslie Barnig, ancienne étudiante en arts plastiques à l’Université de Strasbourg, ouvre la saison de l’Espace G. avec un panorama artistique élargi. Un excellent avant-goût de St’Art.

Lëtzebuerger Land : Jeux d’enfants – Anne MICHAUX et Samuel MARTIN

September 19th, 2008

55. Jahrgang, Nummer 38, 19 September 2008, page 31

Arts plastiques

Personnages dessinés et paysages photographiés sont les thèmes opposés et pourtant les interrogations voisines de Samuel Martin et Anne Michaux

Marianne Brausch

Jeux d'enfants

Jeux d'enfants

QU’ONT EN COMMUN Samuel Martin et Anne Michaux hormis leur âge – l’un est né en 1976, l’autre en 1971 ? Le Français et la Luxembourgeoise travaillent avec des outils forts différents : l’un utilise le fusain, la seconde fait de la photographie. Pourtant, les deux artistes expriment, via leur moyen d’expression propre, un malaise vis-à-vis de l’âge adulte et les temps incertains, voire de guerre qui sont les nôtres actuellement.

Samuel Martin, qui a étudié les arts plastiques à la faculté d’art d’Amiens- il vit en Normandie – est sans doute le plus près, au sens même de ses représentations, d’une volonté (ou de la difficulté) de (ne pas) sortir de l’enfance et le personnage d’Alice de Lewis Carroll semble être une de ses icônes. On la retrouve en effet plusieurs fois représentée dans ses toiles en noir et blanc, et si la jeune fille enchanteresse est entourée de ses animaux fétiches (dont le lapin bien sûr), des êtres fantastiques inquiètent le spectateur. Comme aussi la couleur rose, chère aux petites princesses, mais Martin l’utilise à des fins détournées des contes de fées : ainsi voit-on la petite fille affublée d’un chapeau en forme de gâteau dégoulinant et peu ragoûtant …

Non moins inquiétant sont trois personnages qui font penser aux nains de Blanche Neige (elle aussi est une des héroines féminines de l’exposition) car les histoires à rêver debout s’arrêtent là et évoquent plutôt des chauchemars, sinon des accidents de la vie réelle. La série comporte en effet plus de portraits de jeunes gens et jeunes filles hantés par la mort, suggérant de manière plus ou moins directe les méfaits des paradis artificiels. Samuel Martin met donc son talent à profit pour interroger les écueils de l’âge de l’adolescence mais pas seulement : ainsi de scènes, dont Et après, plus rien, qui évoquent avec talent la manière galante de Fragonard, le mal-être en plus.

La Luxembourgeoise Anne Michaux, qui vit à Berlin, se présente elle tout d’abord de manière personnelle : une sorte de CV visuel accueille le visiteur sous forme de parcours collé au mur de la galerie, de sa naissance à ses premiers émois photographiques, via des voyages avec ses parents en plusieurs points du globe. Le leitmotiv semble ici être le cheval et son symbolique cavalier du Far West. Faut-il y voir un lien avec le titre de l’exposition Do not entertain us et lire US comme United States?

Toujours est-il que ses photographies – de petits formats de 30 x 45 centimètes – donc de très petite dimension, se détachent sur de grands horizons colorés qui évoquent les grands espaces d’outre-Atlantique. Anne Michaux, comme Samuel Martin, utilise pour le reste des personnages de l’enfance, à savoir de petites figurines, qu’elle met en scène elle aussi de manière dramatisée : la guerre et sa fin tragique, la mort, sont un motif récurrent de ce road movie certes personnel et donc rêvé mais alimenté par l’actualité belliqueuse réelle du monde des adultes.

Les oeuvres de Samuel Martin et d’Anne Michaux sont encore à voir jusqu’au 28 septembre à la Leslie’s Artgallery 66-68 rue de Luxembourg à Bridel : ouvert du mardi au samedi de 15 à 19 heures ; informations par e-mail : lebarnig@pt.lu; Internet : www.artgallery.lu

Luxemburger Wort : Entre souvenirs et contes de fées – Anne MICHAUX et Samuel MARTIN

September 11th, 2008
Samuel Martin

Samuel Martin

Luxemburger Wort, jeudi, 11 septembre 2008, La vie culturelle, page 15

Deux propositions d’Anne Michaux et Samuel Martin

par Nathalie Becker

Après quelques semaines de repos bien mérité, Leslie Barnig a repris les rênes de sa galerie de Bridel et a choisi d’inviter en cette rentrée deux artistes qu’elle affectionne particulièrement et qui ont été parmi les premiers à lui confier leurs productions: Anne Michaux et Samuel Martin.

Avec ses photo-illustrations de maquettes réalisées à partir d’objets et de matériaux récupérés, Anne Michaux nous fait pénétrer dans des mini-mondes à la fois très éloignés mais aussi tellement proches du nôtre. Les affres de l’existence, la violence latente d’une société sur la brèche, la fuite inéluctable du temps, les flots de remords et de regrets s’y ressentent d’une manière particulièrement mélancolique.

Les mises en scène d’Anne Michaux sont des sortes de flashbacks et de flashforwards avec pour décor les vastes paysages nord-américains éclairés par des tons hémorragiques, des orangés outranciers ou des bleus-verts éthérés. Quant aux personnages, humbles figurines en plastique, ils semblent perdus, solitaires, plongés dans l’introspection ou le spleen dans une sorte de no man’s land temporel, entre la réalité et le rêve, entre un présent glauque et les réminiscences d’un hier sans doute meilleur. Et il y a cette menace que l’on sent lancinante, celle de la guerre, de l’apocalypse, d’un ravage terrible nimbant les photo-illustrations d’une atmosphère de fin du monde.

Pourtant, à y regarder de plus près, la sérénité et la paix intérieures ne sont pas loin et les personnages pourraient bien les atteindre. Pour cela, il ne faut pas qu’ils se laissent distraire. «Do not entertain us», nous chuchotent-ils. Alors laissons-les se reconstruire et reconstruire leur univers de bric et de broc, né de l’imagination si fertile d’Anne Michaux.

La pièce maîtresse de l’artiste, qui occupe deux pans de mur du sous-sol de la galerie, est intitulée «Time capsule». Il s’agit d’un gigantesque organigramme illustré par des photographies, des cartes postales, des collages à connotation autobiographique ou parfois fallacieusement autobiographique sur la courbe de vie de l’artiste de sa naissance jusqu’à aujourd’hui.

Souvenirs réels ou composés, les images sont toutes subjectives et sont reliées entre elles par de simples fils ou des bandes de ruban adhésif de couleur, comme autant de synapses se connectant aux neurones. Ce travail exprime une réalité complexe, des fragments de l’identité d’Anne Michaux, de sa culture, de sa perception de la société et du monde.

L’univers des contes de fées est quant à lui délicieusement égratigné par le Français Samuel Martin. Ses oeuvres superbement réalisées au fusain sur toile ont gagné en souplesse et ont une solide composition pyramidale qui les dynamise.

Caravane de l’étrange

L’artiste nous plonge également dans une autre dimension à la lisère du fantastique, du trash et du monstrueux. C’est une sorte de caravane de l’étrange qui passe sous nos yeux, avec son lot de personnages d’un autre temps. Marquise en robe à panier dévoilant son sein laiteux à un satyre en culotte de soie, Blanche-neige sous narcoleptiques ou Alice constellée de bubons rouges comme après l’ingestion de champignons plus que vénéneux, toutes ces héroïnes en prennent pour leur grade et perdent leur innocence. Cocasses, dérangeantes, énigmatiques et parfois délicatement érotisées, les petites saynètes que nous offre Samuel Martin nous réjouissent et nous intriguent à la fois. Comme Anne Michaux, Samuel Martin s’interroge sur la fuite du temps et certaines de ses oeuvres prennent des allures de vanité. Les visages des personnages se grisent, les yeux se creusent, les traits sont alors proches de ceux d’un crâne décharné. Les contes de fées ne sont-ils pas un miroir magique qui répond à nos angoisses? Et si Samuel Martin les démystifie, c’est pour notre plus grand plaisir. A nous d’inventer notre propre histoire à la vue de ces tableaux.

Jusqu’au 28 septembre. Du mardi au samedi de 15h00 à 19h00. Leslie’s Artgallery, 66-68 rue de Luxembourg à Bridel

Télécran : Fotoillustrationen von Anne MICHAUX

September 6th, 2008

No 37, 6 – 12 September 2008, Life Termine, Seite 137

Foto : N. Becker

Foto : N. Becker

Die Fotoillustrationen von Anne Michaux sind bis zum 28.9. in Leslie’s Artgallery in Bridel zu sehen.

Luxemburger Wort : Quelques fragiles lueurs d’espoir – Anne MICHAUX

March 24th, 2007

Samedi, 24 mars 2007, La vie culturelle, pages 13 et 15

Exposition Anne Michaux à la Leslie’s Art Gallery

par Nathalie Becker

Luxemburger Wort, p 15

Luxemburger Wort, p 15

Une belle lumière aurorale porteuse d’espoir en un monde meilleur baigne les nouvelles séries de travaux photographiques d’Anne Michaux, présentées à la Leslie’s Artgallery. En 2006, nous avions découvert, déjà à Bridel, la production originale et percutante de cette artiste luxembourgeoise, qui réalise des maquettes éphémères en bois, en plastique et matériaux divers récupérés, peuplées de petits personnages, monde en miniature sur la tangente, sur le fil, presque apocalyptique.

Après les avoir photographiés avec une caméra numérique, Anne Michaux détruit ses modèles et ne garde comme preuve de leur existence que des clichés où cet univers se voit magnifié et dans lesquels, les personnages comme les bâtiments apparaissent au spectateur parfois dix fois plus grand que nature. L’artiste, avec la construction de ces petits mondes, se fait l’architecte d’une nouvelle réalité, telle qu’elle souhaite la voir.

Vision pessimiste, malgré l’aspect ludique des modèles? Certes, mais Anne Michaux souhaite nous piquer d’un coup d’aiguillon, afin que la société échappe à la violence, aux tensions, aux sensations de danger imminent présentes dans son monde artificiel. Cependant, dans ses nouveaux travaux, l’artiste laisse s’en exhaler une atmosphère plus optimiste, où les personnages semblent vivre des instants privilégiés, des moments de sérénité, d’espoir, d’introspection. Tout y est plus méditatif comme lorsque les petites figurines en plastique se trouvent seules, figées dans l’immensité du décor en carton-pâte. Elles sont dans une sorte d’état de latence face à leur destinée. Dans une autre image, la lueur d’espoir qui anime les figurines d’Anne Michaux trouve son origine dans la dévotion. L’artiste les a placées face à un temple où les divinités sont des animaux.

Wort p 13

Wort p 13

Dans d’autres photoillustrations, il y a également un clin d’oeil à «L’american dream». Ses personnages vont au drive-in, les adolescents roucoulent au clair de lune alors qu’un monstre antédiluvien est tapi dans l’ombre. Une ambiance parfois «trash» que Tarentino ne renierait pas. Mais toujours le danger couve, impalpable mais bien présent lorsqu’il prend la forme d’hommes en arme.

En fait, la lueur d’espoir est bien fragile et vacillante dans le monde d’Anne Michaux, exempt comme elle dit , «de réconforts familiers et de libertés individuelles».

Leslie’s Art Gallery, 66-68, rue de Luxembourg, Bridel. Ouvert mercredi, jeudi, vendredi de 17 à 20 heures et samedi et dimanche de 15 à 20 heures.