Luxemburger Wort : Jane ZWEIBEL succombe au chant de sirènes

January 28th, 2010
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Jane Zweibel tente de repousser la figuration au-delà des frontières de la tradition. (PHOTO: GERRY HUBERTY)

Luxemburger Wort, jeudi 28 janvier 2010, La Vie Culturelle, pages 16 et 17

Promenade subaquatique à la Leslie’s Artgallery

par Nathalie Becker

L’artiste new-yorkaise Jane Zweibel tente de repousser la figuration et le récit au-delà des frontières de la tradition. Ainsi, le non-conformisme de sa production fait d’elle une des artistes fétiches de la galeriste Leslie Barnig.

Réalisant des «volumes-objets», toiles cousues et bourrées de coton comme des poupées de chiffon, Jane Zweibel dote sa peinture de la tridimensionnalité. Actuellement, au sous-sol de la Leslie’s Artgallery, elle présente «Midlife», une série farouchement originale et quelque peu dérangeante. En effet, Jane Zweibel a donné à ses rembourrages l’aspect de délicieuses sirènes, créatures mythologiques dont le charme enivrant et la sensualité ne sont plus à démontrer. Jusque là, tout va bien. Hormis le fait que l’artiste prête ses propres traits à ces êtres hybrides subaquatiques.

Nous sommes en présence d’autoportraits décalés dans lesquels la créatrice fait preuve de beaucoup d’auto-dérision. Point de canon de beauté, point d’embellissement, Jane Zweibel s’est représentée telle qu’elle est, comme une femme mature, avec un double menton, une peau flasque, des rondeurs.

«Memento mori»

De ce fait, le mythe choit de son piédestal et la quinquagénaire en fait ici le vecteur de ses angoisses et une fois encore aborde les thèmes qui la fascinent comme la métamorphose, l’hybridation, l ‘image propre et l’identité ainsi que le fantastique, tout cela emplit de références autobiographiques.

Dans ces oeuvres résonnent un certain «memento mori», une allusion à la vanité de l’existence, à l’écoulement du temps, à la corruptibilité du corps. De la sorte, sous le registre du frictionnel, l’artiste nous entraîne au coeur de son intimité, de sa réflexion sur la condition humaine.

Pourtant, il ne faut pas voir ici un flot des trémolos existentiels. Jane Zweibel donne le change avec la couleur, diapre allègrement ses sirènes d’atours chatoyants. Ainsi, ce travail en forme d’exutoire est particulièrement jubilatoire. Pourquoi tant d’injustice? Pourquoi les belles de l’écume ne subiraient-elles pas, elles aussi, les affres du temps? Voilà la question résolue avec humour par une artiste qui fait un joli pied-de-nez aux oppressants codes de beauté.

Jusqu’au 30 janvier. Leslie’s Artgallery, 66-68, rue de Luxembourg à Bridel.

Le Quotidien : SIRÈNES D’ÂGE MÛR – Jane ZWEIBEL

December 22nd, 2009
Le Quotidien 22.12.2009 Jane Zweibel

Le Quotidien 22.12.2009 p.33

Le Quotidien, mardi 22 décembre 2009, pages 33 et 35

C’est un monde de sirènes que présente la Leslie’s Artgallery, avec «Midlife Mermaids» de l’Américaine Jane Zweibel. Une exposition aussi sombre que colorée sur fond de crise de la cinquantaine.

Des sirènes plein les murs

EXPOSITION La Leslie’s Artgallery de Bridel accueille, jusqu’au 30 janvier, les oeuvres en trois dimensions de l’Américaine Jane Zweibel.

Il faut descendre les quelques marches qui mènent au sous-sol de la Leslie’s Artgallery pour découvrir l’oeuvre de Jane Zweibel. Une descente qui entraîne le visiteur dans un étrange monde sous-marin, fait de bateaux, de coraux, de poissons et surtout de sirènes.

De notre journaliste Pablo Chimienti

L’artiste new-yorkaise Jane Zweibel présente à la Leslie’s Artgallery une série conçue spécialement pour l’exposition à Bridel, intitulée «Midlife Mermaids » («Sirènes d’âge mûr»). Un ensemble de quatorze «stuffed paintings» (peintures bourrées) autrement dit des canevas cousus et bourrés de coton qui deviennent, selon l’artiste, des «peintures-sculptures» ou encore des «peintures tridimensionnelles ».

Une nouvelle série mais sur des techniques et des thèmes déjà expérimentés par l’artiste, que ce soit dans l’idée des «stuffed paintings » ou dans le thème des sirènes – «un animal qui me fascine», reconnaît la New-Yorkaise.

Mais ses sirènes ont bien peu en commun avec celles d’Ulysse, de Walt Disney ou encore avec notre Mélusine nationale. L’artiste entraîne le visiteur à michemin entre l’autoportrait et le paysage maritime, entre la réalité et la mythologie. Le tout en jouant ouvertement avec les symboles.

Le haut du corps, d’apparence humaine, reprend avec réalisme dans les grandes lignes les traits visuels et corporels de l’artiste : couleurs de peau, cheveux noirs, double menton et bourrelets compris. Tandis que le bas du corps de la sirène, proche du poisson, permet à Jane Zweibel de laisser libre cours à son imagination, à ses fantasmes, à ses angoisses.

«Mon oeuvre parle souvent de la condition féminine, confie l’artiste. Et là, c’est à la fois drôle et pathétique», avoue-t-elle. C’est que, après sa première série de sirènes dénommée «Self-portraits as a Mermaid», où elle se représentait déjà sous les traits de cet animal mythologique, l’artiste a pris de l’âge et dépassé le cap fatidique de la cinquantaine. D’où le terme de «midlife» ajouté à cette nouvelle série.

«La cinquantaine est un moment de la vie où on se sent à mi-chemin et où on se pose plein de questions. Le corps se transforme, on vieillit… Ce n’est pas évident, surtout en tant que femme», explique Jane Zweibel.

Le Quotidien 22.12.2009 p.35

Le Quotidien 22.12.2009 p.35

Le cycle de la vie

Mais quitte à vieillir, autant le faire avec le sourire, avec fantaisie. Et les sculptures de Jane Zweibel, bien que clairement personnelles, proposent un discours universel. Loin, très loin de l’ego-trip.

Sérieuses, voire pessimistes dans la partie humaine – avec des sparadraps censés représenter les blessures et les cicatrices que la vie a laissées à tout un chacun – ces peintures tridimensionnelles sont ultracolorées, pleines de paillettes, d’or et d’argent, dans la partie basse. L’artiste y représente le monde marin et sous-marin fait de coraux, plantes aquatiques, de poissons et d’immenses bateaux.

Chaque oeuvre peut ainsi être perçue comme le chapitre d’un roman non linéaire ou d’une étude pour laquelle l’artiste ne donne pas les réponses. Ce que l’artiste propose est plus une réflexion sur l’humain, sur le mythologique, avec l’aspect mortel du premier et l’immortalité du second. Une réflexion sur la monstruosité et la normalité, sur la force et la vulnérabilité, sur la réalité et le mythe, sur la création humaine et sur l’aspect naturel…

Des réflexions qui rappellent, non seulement que toute vie terrestre vient de la mer, mais surtout l’aspect transitoire de toute chose, l’évolution, la transformation, la décomposition… en somme, le cycle de la vie, dont fait partie le vieillissement du corps et de l’esprit. Que l’artiste a décidé de prendre avec sagesse.

Leslie’s Artgallery – Bridel. Jusqu’au 30 janvier.

Le mot du galeriste

«J’ai beaucoup apprécié le fait que Jane fasse le déplacement de New York au Luxembourg afin d’assister au vernissage de cette exposition. En effet, je suis convaincue de l’importance, pour le public, d’avoir la possibilité de rencontrer personnellement les artistes. C’est quelque chose à quoi je tiens vraiment beaucoup».

Leslie Barnig


Luxemburger Wort : Teiji HAYAMA et Jane ZWEIBEL

December 21st, 2009
Artwork Teiji HAYAMA

Artwork Teiji HAYAMA

Luxemburger Wort, lundi 21 décembre 2009, page 10

L’actualité des expositions

L’artiste japonais Teiji Hayama et l’artiste américaine Jane Zweibel exposent jusqu’au 30 janvier chez Leslie’s Artgallery, 66, rue de Luxembourg à Bridel. La galerie est ouverte de mardi à samedi de 15 à 19 heures.

Note : La galerie est fermée jusqu’au 5 janvier 2010.

Journal : Der Traum, aus dem die Stoffe sind – Jane ZWEIBEL und Stéphanie KOHN

March 20th, 2008
Jane Zweibel

Jane Zweibel

Journal, 20 mars 2008, Kultur & Feuilleton, page 25

Jane Zweibel und Stéphanie Kohn in Leslie’s Artgallery (RoK)

Bridel kennen Sie, ja? Fahr’n Sie durch, hin und wieder. Bleiben Sie doch mal stehen, im kleinen Zemtrum, und genehmigen sie sich eine Fahrpause. Am besten in Leslie’s Artgallery, jenen einladenden Exporäumen, in welchen die knapp 28-jährige Künstlerin Leslie Barnig vor etwa drei Jahren in Eigeninitiative ihre artistischen Zelte aufgeschlagen hat, um junge, moderne Kunst zu promovieren, in- und ausländische.

Heuer gibt’s von beidem, juxtaposiert werden Werke der New Yorkerin Jane Zweibel und der Luxemburgerin Stéphanie Kohn. Nicht ohne Grund, denn bei beiden geht’s recht stofflich zu. Erstere wurde 1959 in Brooklyn geboren und studierte an der Columbia University. Zweibel stellte bisher nur in den USA aus, Barnig hat sie – respektiv ihre “Stuffed Paintings” – nun auch über den grossen Teich gebracht.

Wie muss man sich “gestopfte Malerei” vorstellen? Nun, in etwa wie ein förmiges, oder auch mal unförmiges Kissen. Einen bemalten Stoffkörper. Das Intrigante daran ist, dass die Form des Kissens unabhängig von den dargestellten Motiven ist. So weiss man nie so genau, worauf man die Tiefenschärfe einstellen soll, auf die manchmal verräterische, manchmal mystische Form, oder auf die farbreichen Träume innerhalb dieses geschlossenen Stoffmikrokosmos. Rätselhaft. Das ist gut. Wir mögen Rätsel …

In ähnlicher Weise, wenn auch mit anderen Mitteln, taucht Stéphanie Kohn – Escher Jahrgang 78, in Karsruhe und Heidelberg formiert – in die fraktale und ungeordnet geordnete Welt der natürlichen Elemente ein. Sie beschreibt, ebenfalls in stofflichen Rahmen, das, was uns im Innersten zusammenhält. Zellen, Viren, Ganglionen, die kleinsten Bausteine unserer Existenz. Dabei betont sie die Einheit Mehrerer, erst die formale Vielfalt und Variation der Individuen ergibt ein Ganzes.

Wir haben schon vor einigen Jahren Kohns Werke gesehen, und stellen eine konsequente Weiterentwicklung des Themas fest. Aus den erst kieselsteinähnlichen, farbig umrandeten Tropfengebilden enstehen nun komplexere Kombinationen, ähnlich einem Körper der sich langsam aus einem Zellhaufen windet. Die anfänglichen Wandinstallationen treiben nun mehr in den Raum, das ursprüngliche Relief gewinnt an Dimension.

Witzige Fussnote : Kohn inspirierte sich wohl am geschäftstüchtigen Geist eines Keith Haring, so hat sie ihren eigenen, kleinen “Pop Shop”, in welchem auch Sie sich etwas Kunst leisten können, einzelne Zellen, lustige Buttons und weitere Stoffkreationen stehen zum Erwerb.

Stecken Sie sich also einen echten Kohn ans Revers. Ist doch mal was Anderes …

Bis zum 30. März in Leslie’s Artgallery, 66-68 rue de Luxembourg, Bridel. Geöffnet mittwochs bis sonntags 15.00 bis 18.00 Uhr.

Luxemburger Wort : Volumes-objets de Jane ZWEIBEL

March 8th, 2008
Luxemburger Wort 8.3.2008

Luxemburger Wort 8.3.2008

Luxemburger Wort, samedi 8 mars 2008, La vie culturelle, page 18

Nouvelles expositions

Volumes-objets de Jane Zweibel

L’artiste américaine Jane Zweibel expose ses créations à l’espace 1 de la Leslie’s Art Gallery à Bridel, 66-68 rue de Luxembourg. L’exposition est ouverte jusqu’au 30 mars, de mercredi à dimanche de 15 à 18 heures.