Le Quotidien – SEXY LADY : Cédrix CRESPEL

October 20th, 2009
Le Quotidien 20.10.2009 page 33

Le Quotidien 20.10.2009 page 33

Le Quotidien, 20.10.2009, Culture,  pages 33 et 34

L’automne sera chaud à la Leslie’s Artgallerie, dans le fond comme dans la forme, grâce à sa nouvelle exposition dédiée à l’artiste français Cédrix Crespel. Magnifique!

Les femmes, des armes fatales

EXPOSITION :  C’est une explosion pop, électrique, dynamique, pleine de couleurs, d’érotisme et de fétichisme assumés que présente Cédric Crespel à la Leslie’s Artgallery de Bridel.

À l’arrivée de l’automne, Leslie Barnig, tient toujours à avoir de la couleur, beaucoup de couleur dans sa galerie d’art. C’est encore le cas cette année avec la première exposition au Grand-Duché du Français Cédric Crespel. Fascinant!

par Grégory Cimatti

Avec Cédrix Crespel, c’est plus que jamais Leslie qui accueille les visiteurs dans sa Artgallery de Bridel. Une Leslie rêvée, imaginée, idéalisée par cet artiste français touche à-tout : peinture, sculpture, installations, design, architecture, photographie… mais aussi rock…

«Je travaille toujours pour une exposition en particulier, explique Cédrix Crespel. Comme je ne connaissais pas Leslie avant ce vernissage (jeudi), je suis parti sur un délire; je l’ai donc imaginée et peinte.» Neuf des quatorze toiles de l’exposition portent en effet le nom de la maîtresse des lieux. La Leslie de Crespel est certainement aussi belle et sensuelle que sa muse dans la réalité, mais brune au lieu de blonde. Peu importe, l’essentiel est ailleurs. Dans ces corps de femmes pleins de désir – les positions sont pour le moins explicites – dominantes, jouant clairement de leurs charmes, avec tous les artifices que la mode met à leur disposition, qui sont, pour l’artiste «des armes fatales, surtout quand ils sont assumés».

Des artifices assumés tout comme l’aspect ouvertement fétichiste (à ne pas confondre avec vulgaire) de cette série que son auteur nomme ses Bouquets sensuels. Talons hauts, lingerie fine… et ceci dès le Matin. Mais aussi dans Monument, dans Extérieur, dans Ange rose et, bien sûr, dans toute sa série Leslie. Un fétichisme tout aussi criant dans sa sculpture Glossshoes, représentation d’une paire d’escarpins rouge brillant au talon interminable – idéalement placée dans la vitrine de la galerie – ou dans son installation Leslie’s stockings a, b, c, des tables basses en plastique rose et noir, portant bas nylon et porte-jarretelles.

Il serait, cependant, dommage et injuste de réduire le travail de Cédrix Crespel a ce seul aspect érotique. Il s’agit, avant tout, bel et bien d’art.

Leslie 5, Cédrix Crespel 2009. Même chez elle, simplement allongée sur un canapé, une femme se doit de rester sexy avec ses talons aiguilles.

Un art de l’instant, de l’instinct, vif, franc, en danger… Une peinture pop, proche des cultures urbaines (skate, hip-hop, graffiti…), des comics… avec un cadrage travaillé, des finitions étudiées, des couleurs vives et expressives. Des couleurs loin de tout réalisme, de tout classicisme, avec des jambes oranges, jaunes ou vertes et ces visages multicolores.

L’oeil plonge dans ces toiles acryliques et glycérophtaliques. Dans ces couleurs «flashy» comme dans les traits qui les recouvrent par endroits. Des traits tels des vents tourbillonnants qui ajoutent du mouvement, de la vitesse, de la vie à des tableaux déjà très présents. Des traits qui cachent également les parties intimes de ces dames, des gribouillis rappelant parfois une fausse censure qui donnent à méditer; une manière de ne pas trop entrer dans l’intimité anatomique et, aussi, pour l’artiste de créer un lien avec ses précédentes séries.

C’est que, d’habitude ce sont plutôt les visages que l’artiste recouvre de ces traits nerveux. Une manière de suggérer, sans montrer. De donner, sans offrir.

Une manière aussi de ne pas tomber dans l’image iconographique, et de rester au contraire dans un travail sur l’idée même de la féminité contemporaine. «Je ne veux pas du tout que ça devienne vulgaire, insiste l’artiste. Au contraire, mon travail est une ode à la femme.» Une femme fatale! Et si le visage est, pour cette série, visible, il reste malgré tout discret, avec des expressions simplifiées. Chassez le naturel…

Dernier petit détail dans cette exposition : l’artiste ne signe pas ses toiles. Il y accole, en bas à droite, une petite photo d’identité. «Une manière de voir évoluer mon art, pas seulement par rapport à des mouvements artistiques, mais aussi, par rapport à mon évolution personnelle.»

Leslie’s Artgallerie – Bridel. Jusqu’au 28 novembre.
www.lesliesartgallery.eu

Le mot du galeriste

«Cette exposition est le résultat d’une intense collaboration entre la galerie et l’artiste dont les préparations ont déjà commencé il y a environ deux ans. Je suis très fière de pouvoir montrer au public des oeuvres créées spécialement pour cette exposition. Je pense que Cédrix Crespel incarne vraiment “l’artiste contemporain”.»

Leslie Barnig