Luxemburger Wort : l’éternel féminin aux couleurs “pop” – Cédrix CRESPEL

November 25th, 2009
Luxemburger Wort 25.11.2009

Luxemburger Wort 25.11.2009

Luxemburger Wort, mercredi 25 novembre 2009, page 15

Cedrix Crespel décline sa vision de la féminité à la Leslie’s Artgallery

par Nathalie Becker

Les oeuvres de l’artiste français Cedrix Crespel que nous présente actuellement la Leslie’s Artgallery ne manquent de sel. Leur auteur pluridisciplinaire, qui aborde avec la même passion la peinture, la sculpture, les installations, le design, l’architecture, la photographie et la musique, s’est attelé à imaginer, en 9 des 14 toiles exposées, la galeriste Leslie Barnig, qu’il ne connaissait pas.

Le résultat est tonitruant, vibrionnant, vitalisant. Cedrix Crespel use d’une palette aux tons vifs, «flashy», résolument «pop». Cependant nous pouvons également y ressentir une certaine influence de la figuration narrative et des compositions de Valerio Adami, palpable dans la présence des cernes et du graphisme. L’artiste explore le féminin contemporain avec sa part de sensualité, de provocation, de fétichisme même sans jamais tomber dans la vulgarité.

Certes, les femmes de Cedrix Crespel sont dominatrices, exhibent sans vergogne leurs charmes, mais le peintre va au-delà. Il évoque les relations à autrui, la condition de la femme souvent réduite à un objet de plaisir. Et voir ainsi une Leslie brune, sur toile, juchée sur des talons aiguille ou offrant sa croupe gracieuse nous fait sourire. Nous sommes si loin de la personnalité réservée de la maîtresse des lieux à la blondeur angélique et au charme mutin. Pourtant l’interprétation qu’en a fait Cedrix Crespel est particulièrement prenante par l’énergie qui s’en dégage, à l’instar d’ailleurs de ses autres toiles. La gestuelle très graphique et les couleurs acidulées, psychédéliques accentuent de surcroît la vitalité des créations et les inscrivent dans la contemporanéité.

Le souffle du «street art»

Le souffle du «street art», des comics et des formes expressives modernes s’exhale des oeuvres et révèle l’artiste comme très prometteur.

Cedrix Crespel nous fait ainsi une ode contemporaine à la femme dans toute sa splendeur et dans son spleen aussi. Ces amazones, derrière leur allure de femme fatale, cachent une sorte de désespérance. Elles nous apparaissent enfermées sur la toile, comme les filles des peep-show le sont dans leur cage de verre ou les prostituées dans les vitrines d’Anvers et d’Amsterdam. De plus, les fils électrisants dont l’artiste anime ses oeuvres nous évoquent la «toile», Internet, où de plus en plus de femmes, consentantes ou non, s’offrent par écran interposé aux regards.

Ainsi Cedrix Crespel fait du spectateur un voyeur malgré lui et dans cette position inconfortable et quelque peu culpabilisante nous invite à la réflexion sur le statut de la femme d’aujourd’hui.

Jusqu’au 28 novembre. Leslie’s Artgallery, 66-68 rue de Luxembourg à Bridel. Ouvert du mardi au samedi de 15 à 19 heures.