Luxemburger Wort : Plein feu sur la jeune création

July 19th, 2007
Luxemburger Wort 19.7.2007

Luxemburger Wort 19.7.2007

Luxemburger Wort, jeudi, 19 juillet 2007, La vie culturelle, pages 13 et 16

Les “Young emerging artists” à la Leslie’s ArtGallery

par Nathalie Becker

Décidemment, la Leslie’s ArtGallery s’affirme comme un véritable vivier de la jeune création artistique internationale. Après l’exposition consacrée au caustique Kokian, voici que Leslie Barnig nous propose de découvrir sur les cimaises de la galerie de Bridel quatre jeunes artistes dont la moyenne d’âge ne dépasse pas trente ans. C’est là, à Bridel, que par un curieux paradoxe nous mesurons toute la sagesse de Corneille écrivant que «la valeur n’attend pas le nombre des années». En effet, les oeuvres proposées révèlent des talents très prometteurs, déjà affirmés pour certains, des audaces tant au niveau de la palette que de la composition, un affranchissement vis-à-vis des tendances, un à-propos, une grande liberté de ton et beaucoup de fantaisie.

Hors des sentiers battus

Le Français Samuel Martin, par exemple, convie sur la toile un bestiaire fabuleux aux attitudes anthropomorphisées digne de contes au parfum délicieusement suranné ainsi que des «rock stars» excentriques ayant un goût prononcé pour le travestissement tels Bowie dans «Ziggy Stardust» et Christina Aguilera en Lady Marmalade. Ses compositions très narratives piquent au vif la société de consommation, évoquent le corps et ses mutations, la sexualité. Les couleurs délicates, voire poudrées accentuent la portée singulière des oeuvres. Le Finlandais Janne Nabb est le benjamin de ce panorama. Du haut de ses 23 ans, il nous livre une peinture grinçante aux notes biographiques où les coulures volontaires côtoient des signes graphiques et des figures souvent grimaçantes.

LW 19.7.2007 page 13

LW 19.7.2007 page 13

D’origine canadienne, Nathan James vit et travaille à Londres. Son travail reflète l’influence du style décalé, déformant et british de John Currin. Dans le travail de Nathan James, une ambiance assez désenchantée s’impose à nous à travers la combinaison de fragments de portraits et de narration de moments de sa vie personnelle. Ses images sont saisissantes et fortes comme la toile «Me no fear» laquelle met en scène une jeune femme en uniforme et masque à gaz à la moue farouche posant devant un fond noir émaillé de pochoirs de soldats en plastique rouge.

Enfin, le Canadien Brian Donnelly dans la voie de l’hyperréalisme présente à Bridel d’impressionnants portraits métamorphiques. L’artiste a picturalement greffé une tête de coyote sur des bustes féminins et masculins. Une étrange sauvagerie émane des compositions à l’accent sensuel et aux réminiscences chamaniques. L’artiste a autant assimilé la leçon de Courbet que celle du photographe Mapplethorpe. Ainsi, son art vogue entre Eros et Thanatos avec un oeil plongé dans les pages du «National Geographic» pour les représentations animalières.

Leslie’s Art Gallery, 66-68, rue de Luxembourg, Bridel. Ouvert du mercredi au vendredi de 17 à 20 heures, les samedis et dimanches de 15 à 20 heures. Fête de fin de saison à 19h30 le 29 juillet.