Le Quotidien : Bien servie par soi-même

January 24th, 2006
Meat the Artist

Art meets Religion

Le Quotidien, mardi 24 janvier 2006, pages 1, 29 et 31

Une galerie par et pour les artistes

par France Clarinval

C’est parce qu’elle sait à quel point c’est difficile d’exposer pour les jeunes artistes que Leslie Barnig a ouvert sa propre galerie d’art.

C’est parce qu’elle sait à quel point c’est difficile d’exposer pour les jeunes artistes que Leslie Barnig a ouvert sa propre galerie d’art.

À 25 ans, tout droit sortie de sa maîtrise en arts plastiques, Leslie Barnig a investi un local commercial à Bridel pour y créer sa propre galerie d’art.

Passionnée par l’art contemporain, Leslie Barnig a entrepris des études d’arts plastiques à Strasbourg. Sa maîtrise en poche, elle poursuit son travail avec une thèse qu’elle achèvera dans trois ans.

«Moi-même, j’ai été confrontée à la difficulté d’exposer, de se faire un nom quand on est un jeune artiste», explique-t-elle. D’où l’idée d’ouvrir une galerie.

Vivant dans le Sud du pays, elle n’a pas planifié de créer sa galerie à Bridel, «mais quand j’ai vu ce local, j’imaginais déjà les expositions ». Au bord de la route principale, en face d’une station d’essence, dans cette banlieue cossue, Leslie Barnig reçoit non seulement la visite des artistes, des collectionneurs ou des personnes intéressées par l’art, mais aussi de passants intrigués par cette belle vitrine.

«Certains disent à peine bonjour, font un tour et repartent, d’autres posent des questions et sont ravis de la découverte», analyse-t-elle.

Pour autant, elle vise plutôt les jeunes collectionneurs, en proposant des oeuvres d’artistes «en train de monter», jeunes et accessibles. «C’est difficile de fixer des prix. Il ne faut pas se dévaloriser, ni se prendre pour une star».

Cinq artistes explorent la religion. La jeune galeriste sait qu’il est difficile de vivre de ce métier. «C’est passionnant, mais il y a beaucoup de travail pour une personne seule». Sa première exposition, inaugurée en novembre 2005, a reçu un bel accueil. «Les résultats dépassent mes attentes, mais seulement en termes de ventes», se réjouit-elle.

Alors que pour sa première exposition, «Meat The Artist» (un jeu de mot entre meat, viande et meet, rencontrer), Leslie Barnig nous parlait d’alimentation, cette fois elle s’intéresse à un sujet plus délicat avec «Art Meets Religion».

Ainsi Séverine Pawlowski, une artiste corse de 25 ans, réinterprète les icônes en collant des images religieuses travaillées, découpées, photocopiées, repeintes sur les panneaux en bois. À ses côtés, l’Allemand Stefan Seffrin signe la photo d’un groupe d’ouvriers (plutôt de personnages déguisés en ouvriers) où l’homme au centre a une allure tout à fait christique.

Cyrielle Boire réalise des empreintes de son corps et de ses vêtements sur des toiles noires qui font immédiatement penser au Saint Suaire. Olivier Létang, quant à lui, propose un «piège à nuage», un cerf-volant muni de filets qui conduisent les gouttelettes en suspension dans le nuage vers la bouteille située au bout de l’engin.

La salle du fond est consacrée à deux artistes luxembourgeois, Thierry Waltzing avec ses dessins classiques qui détournent les thèmes bibliques (noces de Cana, multiplication des pains, Judas en policier…) et Leslie Barnig ellemême qui avoue pourtant : «Dès que j’aurai assez d’artistes, je vais retirer mes oeuvres». Travaillant pour sa thèse sur le sujet de la régression, elle remonte ici jusqu’à la conception et particulièrement l’Annonciation. Elle réalise un autoportrait en madone avec un «sac de grossesse».

Au sous-sol, la galerie présente une exposition permanente et non thématique d’oeuvres d’artistes dénichés parmi les exposants.

-> Jusqu’au 19 février chez Leslie’s Art Gallery (66, rue de Luxembourg à Bridel).

Meat the Artist

Art meets Religion

Meat the Artist

Art meets Religion