Luxemburger Wort : Du champ sacré à l’espace des cimaises – Art meets Religion

February 14th, 2006
Art meets Religion

Art meets Religion

Mardi, 14 février 2006, la vie culturelle, page 14

Leslie’s Artgallery : Exposition “Art meets Religion”

par Mariana Wathelet

«Art meets religion», dans la jeune galerie de Leslie Barnig, est une action collective rassemblant les oeuvres de cinq jeunes créateurs autour du thème religieux. Sur les cimaises spacieuses de la galerie, le sujet se décline en photographies, installations, peintures et dessins, autant de haltes du regard construites avec esprit.

Les oeuvres se cherchent une place en dehors du lieu de culte, dans un environnement moderne investi par des enjeux divers. Stefan Seffrin présente une photographie nommée «Männergruppe» dont la composition met en scène le corps social des ouvriers. «Un seul homme vêtu de blanc garde une certaine autonomie et dégage une aura presque christique», explique le dossier fourni par la galerie. La dimension sociale-chrétienne de l’image tout comme le caractère d’innocence exprimé par la blancheur du vêtement restent des réflexions intéressantes pour les expressions artistiques du sacré.

C’est encore dans la confrontation entre la tradition et le public contemporain que Séverine Pawlowski développe son expression, à l’image de cette «Procession de la St-Roch» illustrée par un collage d’images en blanc et noir sur une planche en contreplaqué.

En prenant ses précautions pour ne pas choquer, Leslie Barnig prouve avec son oeuvre «L’Annonciation» que l’art peut détourner les images de culte de leur vocation première afin de les utiliser dans d’autres discours, comme cette plongée dans l’univers iconographique de l’auto-fiction. Premier élément d’un ensemble de deux pièces, l’artiste se photographie vêtue avec une prothèse ventrale gonflable en tissu à motif floral qui remplace l’image naturelle d’une grossesse proche de son terme. S’appuyant sur le caractère prémonitoire porté par la sémantique de son titre, l’oeuvre met en discussion la maternité devant ce qu’on pourrait appeler la mécanisation du désir. En effet, la photographie de l’artiste est complétée par une sculpture en tissu représentant des «spermatozoïdes congelés» qui remplacent ironiquement l’image attendue du père.

Alors que Myreille Boire reprend à son compte le «body-painting» d’Yves Klein dans une tentative graphique qui cherche à obtenir en peinture des empreintes pouvant faire penser aux «marques découvertes sur le Saint-Suaire», Thierry Waltzing clôt l’exposition sur une note d’humour engagé qui utilise le dessin pour caricaturer un policier anti-émeute en Judas.

Leslie’s Art Gallery Jusqu’au 19 février 66-68, rue de Luxembourg, Bridel