Luxemburger Wort : Transport visuel des émotions – Luke MILLER

July 1st, 2006

Luxemburger Wort : (projet), 1er juillet 2006

« Rapture-diary of a madman » Exposition Luke Miller à la Leslie’s ArtGallery.

par Nathalie Becker

Conteur, illusionniste, poète visuel, Luke Miller est tout cela à la fois. Si la photographie est son médium de prédilection, il traite les images saisies comme autant de chapitres d’un journal intime dans lequel sont traduits réminiscences enfantines, sensations et émotions exaltées entre fantasmagorie et réalité.

Le cinéma est une source d’inspiration importante pour le photographe et c’est sans doute pourquoi il décline ses images en série comme de petits scénarii. Miller nous entraîne dans son sillage, nous transporte dans ses espaces de vie où la beauté des choses comme une fleur de pissenlit, un arbre en automne, une balançoire, des traces de pas sur le sable sont autant de fragments de son histoire personnelle.

Bien que seulement trentenaire, le photographe se délecte de ces petites madeleines de Proust dans son travail autobiographique à la frontière entre l’illusionnisme et l’abstraction.

Luke Miller ne rechigne devant aucune prouesse technique afin d’emplir ses photographies de mouvements à donner le vertige par le flou, par les filtres. Nous devenons devant les images, par la capture de nos sens, autant spectateurs qu’acteurs. Nous sommes nous aussi envahis par le flot d’émotions superlatives dont il emplit son travail.

Miller qui se décrit à la fois comme photographe et artiste, professionnel et rêveur, n’a que faire des tendances et de la norme. Son travail s’en trouve plus efficace et original. Lorsque Luke Miller s’adonne aux photos de mode, il laisse la beauté naturelle de ses modèles s’exhaler loin des artifices et des stéréotypes. Dans son « Diary of a madman », la démarche est semblable, les images sont belles dans leur simplicité, leur narration, l’univers intimiste qu’elles révèlent.

Certaines, présentées dans des moulures dorées font vibrer la corde de la mélancolie. Une fois encore, avec cette exposition, la jeune galeriste Leslie Barnig affiche la couleur de l’inédit et de la qualité.

Jusqu’au 16 juillet 66-68, rue de Luxembourg, Bridel
Ouvert mercredi, jeudi, vendredi : 17h00 – 20h00, samedi, dimanche : 14h00 – 20h00