Luxemburger Wort : Le quotidien transfiguré – Pascal VOCHELET

November 23rd, 2006
Pascal Vochelet

Pascal Vochelet

Luxemburger Wort, jeudi, 23 novembre 2006, Kultur, page 15

Les travaux de Pascal Vochelet à la Leslie’s Artgallery

par Nathalie Becker

Normand d’origine, marseillais d’adoption, Pascal Vochelet est venu faire un petit tour sur les cimaises de la Leslie’s Artgallery à Bridel pour le plus grand plaisir des amateurs d’art. En effet, l’artiste a un talent inouï pour transfigurer des petites scènes du quotidien en un monde fantastique, imaginaire et imaginé, un peu désenchanté et nostalgique, où chaque oeuvre est une petite histoire qu’il nous narre avec quelques artifices toutefois.

Pascal Vochelet aime la matière, les textures, la belle patine, les vernis. Sur toile ou sur bois, il superpose, colle, triture, après une mise au carré, ses compositions. De ce mélange d’acrylique et de collages et avec une certaine autonomie laissée au hasard du geste et du médium, naissent des effets originaux d’opacité, de transparence, de brillance, de matité alliée à une palette peu commune où les tons pastel prédominent.

Le plus singulier dans le travail de Vochelet est l’univers qui prend corps sur le support. Ses personnages (parents, frère, soeur, voisins, amis) nous apparaissent déguisés. L’artiste leur colle sur le minois des masques d’animaux. Animaliser l’humain ou anthropomorphiser l’animal n’est-il pas un élément récurrent dans de nombreux contes?

Des oreilles par-ci, un museau par-là et voilà le tour joué. Les repas de la famille Vochelet, les fêtes d’anniversaire, les dimanches à la campagne sont retranscrits comme autant de moments teintés d’étrangeté, de silence, d’immobilité. Le temps semble suspendu dans les oeuvres de Pascal Vochelet et ses personnages sont comme fossilisés dans les couches successives de vernis.

Pourtant, une certaine tendresse émane également de ce travail, une douceur dénotée par la couleur. Et à l’artiste de préciser qu’il essaye de faire coexister dans sa peinture, ses souvenirs et le monde dans lequel il vit. Cette confrontation entre réminiscences et impressions du quotidien ne manque ni de piment ni de poésie et il est nécessaire également de saluer la belle technique de l’artiste, qui elle aussi unit la tradition et la modernité.

Leslies Artgallery, 66-68 rue de Luxembourg, Bridel
Jusqu’au 30 novembre