Luxemburger Wort : Quelques fragiles lueurs d’espoir – Anne MICHAUX

March 24th, 2007

Samedi, 24 mars 2007, La vie culturelle, pages 13 et 15

Exposition Anne Michaux à la Leslie’s Art Gallery

par Nathalie Becker

Luxemburger Wort, p 15

Luxemburger Wort, p 15

Une belle lumière aurorale porteuse d’espoir en un monde meilleur baigne les nouvelles séries de travaux photographiques d’Anne Michaux, présentées à la Leslie’s Artgallery. En 2006, nous avions découvert, déjà à Bridel, la production originale et percutante de cette artiste luxembourgeoise, qui réalise des maquettes éphémères en bois, en plastique et matériaux divers récupérés, peuplées de petits personnages, monde en miniature sur la tangente, sur le fil, presque apocalyptique.

Après les avoir photographiés avec une caméra numérique, Anne Michaux détruit ses modèles et ne garde comme preuve de leur existence que des clichés où cet univers se voit magnifié et dans lesquels, les personnages comme les bâtiments apparaissent au spectateur parfois dix fois plus grand que nature. L’artiste, avec la construction de ces petits mondes, se fait l’architecte d’une nouvelle réalité, telle qu’elle souhaite la voir.

Vision pessimiste, malgré l’aspect ludique des modèles? Certes, mais Anne Michaux souhaite nous piquer d’un coup d’aiguillon, afin que la société échappe à la violence, aux tensions, aux sensations de danger imminent présentes dans son monde artificiel. Cependant, dans ses nouveaux travaux, l’artiste laisse s’en exhaler une atmosphère plus optimiste, où les personnages semblent vivre des instants privilégiés, des moments de sérénité, d’espoir, d’introspection. Tout y est plus méditatif comme lorsque les petites figurines en plastique se trouvent seules, figées dans l’immensité du décor en carton-pâte. Elles sont dans une sorte d’état de latence face à leur destinée. Dans une autre image, la lueur d’espoir qui anime les figurines d’Anne Michaux trouve son origine dans la dévotion. L’artiste les a placées face à un temple où les divinités sont des animaux.

Wort p 13

Wort p 13

Dans d’autres photoillustrations, il y a également un clin d’oeil à «L’american dream». Ses personnages vont au drive-in, les adolescents roucoulent au clair de lune alors qu’un monstre antédiluvien est tapi dans l’ombre. Une ambiance parfois «trash» que Tarentino ne renierait pas. Mais toujours le danger couve, impalpable mais bien présent lorsqu’il prend la forme d’hommes en arme.

En fait, la lueur d’espoir est bien fragile et vacillante dans le monde d’Anne Michaux, exempt comme elle dit , «de réconforts familiers et de libertés individuelles».

Leslie’s Art Gallery, 66-68, rue de Luxembourg, Bridel. Ouvert mercredi, jeudi, vendredi de 17 à 20 heures et samedi et dimanche de 15 à 20 heures.